Le pouvoir des plantes médicinales en Amazonie - Projet agroécologique au coeur de l’Alto Huayabamba

Aujourd’hui, Tostados vous propose découvrir le pouvoir curatif mais aussi économique et social des plantes médicinales en Amazonie à travers un projet passionnant: celui de Lina Faraj et de la Fundación Amazonía Viva.


Lina Faraj est étudiante ingénieur agronome à l’Ecole Nationale Supérieure de Toulouse (ENSAT). Après avoir réalisé une pré-spécialisation en agroforesterie et écologie des forêts tropicales et boréales à l’université d’Helsinki, elle est partie en Amérique Latine afin de travailler dans le domaine de l’agroécologie et de la production végétale. Elle accompagne actuellement une ONG, la Fundación Amazonía Viva (FUNDAVI), dans un domaine de la production végétale durable qui la fascine : les plantes médicinales, la conservation et la valorisation des savoirs traditionnels. 

La Fundación Amazonía Viva est située à Juanjui, dans la région de San Martín, au Pérou. Cette ONG, financée par l’entreprise française Pur Projet, se charge de projets de conservation et de reforestation dans la région de l’Alto Huayabamba. Cette zone de conservation, « Reserva de biosfera Gran Pajaten » a été reconnue récemment comme patrimoine mondial naturel et culturel de l’UNESCO. Cette zone est également considérée comme un site d’excellence, car elle est productrice d’un des meilleurs cacaos du monde, dont chaque producteur des communautés de l’Alto Huayabamba est fier.
Le rôle de la Fondation est également de réunir et consolider les grands concessionnaires de la zone, afin de travailler avec les communautés de l’Alto Huayabamba sur les thématiques de conservation, du cacao, mais aussi de micro-projets agroécologiques. 

Nous laissons la parole à Lina Faraj qui nous explique son travail, sa démarche et ses résultats.


L'objectif : aider les communautés de l’Alto Huayabamba à valoriser artisanalement leurs plantes médicinales

Ma mission porte sur l’évaluation et la valorisation des plantes médicinales natives dans les communautés de Pucallpillo et Santa Rosa. La connaissance des plantes médicinales est un savoir qui se transmet de génération en génération. Les plantes que l’on trouve dans cette région amazonienne ont des vertus médicinales reconnues, et sont largement utilisées au quotidien par les communautés, qui en possèdent près de leur maison, dans leurs parcelles agroforestières, mais aussi dans leurs forêts. Pourtant, elles ne sont pas toujours valorisées...

Quelques producteurs ayant participé au projet - Crédit photo : Lina Faraj

Mon but était, dans un premier temps, de pouvoir évaluer quelles étaient les plantes médicinales natives de la région et quels étaient leurs usages traditionnels, en faisant des enquêtes auprès des producteurs de chaque communauté. Le second objectif était de déterminer quelles plantes, selon les agriculteurs, avaient le plus grand potentiel de valorisation, et comment ils aimeraient les valoriser à l’échelle locale.

Je souhaite montrer qu’il est possible de valoriser artisanalement certaines plantes médicinales à haute valeur ajoutée et de les commercialiser localement de manière juste, en limitant le plus possible le nombre d’intermédiaires. 

Un projet de valorisation qui culmine avec l’Expo Amazónica 2016

Phase 1 : Enquêtes auprès des producteurs de Pucallpillo et Santa Rosa

J’ai interviewé 13 familles d’agriculteurs dans chacune des deux communautés. Ma démarche était de fonctionner par exploitation agricole car souvent, le producteur sait quelles plantes il possède sur sa propriété (exploitation agricole et forêt), mais sa femme (ou le fils) en connaît plus les usages et propriétés ; et inversement. L’analyse de mes enquêtes sur le terrain a montré que les deux communautés avaient souligné l’importance de cinq plantes d’intérêt pour la valorisation au niveau local: Sang du dragon, Jergón sacha, Citronnelle, Ail de la forêt et Griffe de chat, présentées dans le tableau ci-dessous.

 Les cinq plantes médicinales choisies par les communautés de Pucallpillo et Santa Rosa - Crédit photo : Lina Faraj

Phase 2 : Recherche d’informations complémentaires auprès des acteurs de la région

Suite à ces enquêtes, je me suis chargé de rassembler le plus d’informations possible sur chacune de ces cinq plantes d’intérêt pour pouvoir présenter aux agriculteurs tous les pré-requis nécessaires à la valorisation à long terme de chaque plante (autant au niveau agronomique, qu’administratif, et économique). L’objectif était également de trouver des opportunités de commercialisation auprès des acteurs locaux.

De retour dans les communautés de l’Alto Huayabamba, j’ai présenté toutes ces informations de manière à ce que les producteurs puissent choisir sur quelle plante travailler pour une valorisation à long terme. Le Jergón sacha et la Hierba luisa (citronnelle) ont été choisis respectivement par Santa Rosa et Pucallpillo. J’ai donc travaillé en collaboration avec le Gouvernement régional pour obtenir des permis de vente de ces deux produits au niveau national. 

Jergón sacha et Hierba luisa choisis par Santa Rosa et Pucallpillo - Crédit photo: Léa Viret

En termes d’opportunités de commercialisation, nous avons pu obtenir des offres de supermarchés et d’un laboratoire de Tarapoto concernant certains produits. Mais la plus grande opportunité, selon moi, a été de pouvoir inscrire les producteurs, grâce au Gouvernement régional, à une feria d’ampleur nationale : L’Expo Amazónica

Il s’agit d’une feria rassemblant chaque année tous les produits de l’Amazonie péruvienne. Cette année, elle a lieu du 14 au 17 juillet à Tingo María dans la région de Huánuco. Une multitude d’acteurs y participent: entreprises, laboratoires, coopératives, associations d’agriculteurs, entrepreneurs, investisseurs, supermarchés, etc. Cette feria représente une formidable opportunité pour les deux communautés avec lesquelles je travaille: elles vont pouvoir tester le marché pour les cinq plantes médicinales d’intérêt et élargir les possibilités de commercialisation pour les deux produits choisis, le Jergón sacha et la Hierba luisa

Phase 3 : Projet pilote de valorisation des plantes médicinales des communautés de Santa Rosa et Pucallpillo

Dans le cadre de la feria, je suis chargée de représenter la Fundación Amazonía Viva, dont le rôle est de consolider et coordonner les associations de producteurs afin de stimuler les activités auprès des communautés. Dans le cas présent, deux types de produits seront apportés à la feria : 

  • Les chocs-produits : Choco maiz, Choco platano, et Choco trigo. Il s'agit de produits chocolatés réalisés artisanalement par trois associations de producteurs de l’Alto Huayabamaba : APAP (Pucallpillo), APROBOC (Communauté de Dos de Mayo), et APAPMASAR (Santa Rosa). 
  • Les 5 produits issus des plantes médicinales d’intérêt. Pour ces produits, j’ai travaillé avec les producteurs de Santa Rosa et Pucallpillo sur la récolte des plantes médicinales et leur transformation artisanale (lavage, séchage, découpage, etc.) 

Séchage artisanal du Jergon sacha à Santa Rosa avec Rogelia del Castillo Mendoza - Crédit photo: Lina Faraj

Tout ne s’est pas toujours déroulé comme prévu! Nous avons eu par exemple des problèmes de séchage de produit, ou encore de coordination pour travailler la transformation, mais nous avons finalement réussi à obtenir chaque produit en quantité suffisante pour la feria. J’ai réalisé que la motivation des producteurs est fondamentale pour mener à bien ce type de projet. Il est très important qu’il existe une forme de prise de risque de leur part, afin de les impliquer un maximum dans le projet et d’être dans une situation de « community empowerment ».

Par la suite, nous avons mis en place la chaine de production jusqu’à l’obtention d’un produit final commercialisable : création des étiquettes et packaging, mais aussi (et c’est très important !!) évaluation des coûts de production, choix du prix des produits et prévision de répartition des bénéfices, ont été étudiés avec soin.

Produits à base de plantes médicinales mis au point pour l'Expo Amazónica - Crédit photo: Léa Viret

Ce projet pilote a pour but de montrer aux producteurs qu’il est possible de valoriser de manière durable les richesses qu’ils possèdent. Mon espoir est que mon travail soit poursuivi afin que ces producteurs puissent mettre en place une véritable valorisation sur le long terme. Espérons que l’Expo Amazónica porte ses fruits!

En pratique - La qualité du café vert

La coopérative Oro Verde nous a ouvert ses portes. Depuis plusieurs semaines, nous travaillons aux côtés de Liz-Amanda, qui dirige le Laboratoire de Contrôle Qualité d’Oro Verde.

Sa mission : réaliser une analyse physique et sensorielle sur le café apporté par chaque producteur, et sur l'ensemble des lots de café qui partent à l’export. Liz-Amanda est la gardienne des qualités organoleptiques du café. Elle est cupper ("goûteuse" de café) certifiée Q-Grader par la Specialty Coffee Association of America.

Liz-Amanda, Responsable du Laboratoire de Contrôle Qualité d'Oro Verde

Du café parche au café vert

Entre avril et septembre, pendant la période de récolte du café au Pérou, les socios - producteurs - se succèdent à la coopérative pour livrer leurs sacs. Chacun détenant en moyenne 2 à 3 hectares, ils livrent généralement quelques sacs de café d’une soixantaine de kilos. Le café est réceptionné sous forme de café parche (pergamino), séché par le producteur mais toujours dans son enveloppe, ou parche, jaune clair. Il arrive également depuis d’autres centres d’approvisionnement (centros de acopio) dispersés dans la région, où les producteurs ont rassemblé leur café. 

Café parche

Café parche

Une fois le café réceptionné, Liz-Amanda prélève un échantillon de 400 grammes de café parche afin d’effectuer un contrôle physique, ce qui permettra de déterminer si la coopérative peut acheter le café et à quel prix.

Le contrôle a généralement lieu sous les yeux du producteur, qui découvre alors le résultat de plusieurs mois de travail. Si son café n'est pas à la hauteur des exigences de la coopérative, il devra se résoudre à le vendre ailleurs, un intermédiaire par exemple, pour un prix généralement inférieur. Chez Oro Verde, le prix payé au producteur est indexé sur le cours de l'arabica, auquel s'ajoutent diverses primes, selon que le café est biologique, que son humidité et son rendement sont bons, notamment. 

Tri des défauts du café vert

L'échantillon de café parche prélevé est d'abord passé dans une machine permettant de retirer le parche afin d’obtenir du café vert. Liz-Amanda analyse la couleur du café, son odeur et son taux d’humidité, qui doit être compris entre 10% et 20%. 

Le café vert est ensuite trié par taille de grains à l’aide d’un tamis (zaranda). Selon le taux d’humidité du café, différents tamis sont utilisés pour écarter les grains les plus petits. 

Puis on retire les grains comportant des défauts. Les grains restants, sains et acceptables en taille, constituent le café exportable.

Liz-Amanda relève ainsi deux données clés : taux d'humidité et rendement de l'échantillon, donné par le poids du café exportable sur les 400 grammes initialement prélevés. Un rendement minimum ainsi qu'un taux d’humidité maximum sont fixés par l’assemblée générale des producteurs membres de la coopérative. Ils visent à maintenir un standard de qualité garantissant de bons prix d’achat pour tous. 

Lorsque le café apporté par un producteur présente un taux d'humidité satisfaisant, l'échantillon prélevé est torréfié et goûté par plusieurs cuppers de la coopérative. Cela permet d'identifier les cafés de meilleure qualité qui entrent dans la catégorie des cafés de spécialité, et peuvent être commercialisés comme tel à l'export.

Café vert trié

Personne n'est parfait, le café vert non plus

Il existe de nombreux types de défaut du café vert, qui peuvent apparaître sur l'ensemble de la chaîne de production du café, du développement des cerises sur l'arbre au séchage.  
Voici 20 types de défauts physiques que l'on peut trouver dans le café vert et leur cause (cliquer sur les images pour voir les légendes).

Si ce tri a de tout temps été effectué à la main, il existe aujourd'hui des techniques de tri électroniques: chaque grain est analysé par un réseau de caméras et les défauts sont rejetés.
Cependant, le tri du café est un processus long et complexe, et différents niveaux d'acceptation de défauts existent.
Pour le café de spécialité, le plus qualitatif, seuls 5 défauts sur 300 grammes de café vert (soit plus de 3000 grains) sont tolérés. Les défauts sont aussi classés par niveau de gravité. Un grain noir par exemple, comptera pour 1 défaut alors qu'il faudra trouver 5 grains touchés par des insectes pour compter 1 défaut. Ce classement dépend des standards de chaque pays et a été créé en tenant compte de l'impact final du défaut en tasse. En effet, certains défauts n'influeront que légèrement sur l'acidité ou l'amertume du café, tandis que d'autres pourront largement altérer ses qualités en lui donnant des arômes de fruits fermentés ou pourris.

Séchage et stockage du café avant expédition

Une fois ce contrôle qualité passé, le café est stocké en sac comme « café humide » (wet coffee - cafe húmedo). Il est séché une dernière fois par la coopérative, dans une machine ou à même le sol, afin d’obtenir un taux d’humidité homogène de 11% avant exportation. L’humidité peut en effet remonter d’un point durant le transport en mer, et doit arriver à destination à un taux maximal de 12%.

Séchage du café parche sur le patio de la coopérative

Séchage du café parche sur le patio de la coopérative

Le café parche séché est mis dans des sacs en polypropylène et stocké dans l'entrepôt d'Oro Verde avant expédition à Lima. 

Avant export, il est procédé à un deuxième contrôle physique sur les lots séchés. Liz-Amanda prélève un échantillon de café sur chaque lot, s'assure que le taux d'humidité est bien inférieur à 11%, et torréfie l'échantillon pour le goûter. Elle détermine ainsi à quel client il sera expédié, en fonction du profil aromatique recherché. 

Enfin, le café est envoyé à Lima par camion, sous forme de café parche. 

L'export du café vert

Au dernier moment avant export, le parche, qui représente 20% du poids du café parche, est retiré : on obtient alors le café vert.
C'est dans son parche que le café se conserve le mieux. Malgré tout, le café vert peut également se conserver plusieurs mois et est beaucoup moins volumineux et lourd que le café parche. Il y a donc un véritable intérêt économique à le transporter sous cette forme. Il n'est généralement pas torréfié avec export car le café torréfié ne conserve ses qualités aromatiques que quelques semaines. C'est pourquoi les torréfacteurs sont principalement installés dans les zones de consommation, au plus près du client final.

Les grains sont triés par taille et les défauts retirés à l'aide d'une machine de tri automatique. Le café vert est expédié dans des sacs de jute par bateau vers l’Amérique du Nord et l’Europe (Hollande, Royaume-Uni, France, Estonie…). Chaque conteneur contient 275 sacs de 69kg. En 2015, la coopérative a expédié 60 conteneurs soit plus de 1 100 tonnes de café vert, vers une quinzaine de clients. En France, on peut par exemple retrouver les cafés d’Oro Verde chez Ethiquable, Café Michel et Alter Eco.

Comme dans la plupart des pays producteurs de café, le café de meilleure qualité part à l’export, tandis que les lots de qualité inférieure sont commercialisés sur le marché national, sous forme de café torréfié en grains ou moulu. Oro Verde a créé la société Industrias Oro Verde qui gère la transformation et la commercialisation du café au Pérou, ainsi que d'autres produits comme le miel, le chocolat et le sucre.

Comment obtenir du café de qualité?

C'est une question essentielle, sur laquelle de nombreux scientifiques et industriels se sont penchés. On sait aujourd'hui que quatre facteurs clés jouent un rôle majeur dans la qualité du café vert : génotype (espèce, variété de café), environnement (terroir, conditions climatiques...), pratiques agricoles, et process post-récolte

Ces quatre facteurs sont en grande partie entre les mains du producteur: quelles variétés de café préférer? Quelle parcelle choisir? Quelles pratiques agricoles employer (agroforesterie, coupe des arbres, entretien de la parcelle…) ? Et comment trier et sécher le café après la récolte?

Tout cela fait partie du savoir-faire et de la culture du café, qui s’acquiert et se transmet de génération en génération dans certaines régions du monde. Pour d’autres, comme la région de San Martín au Pérou, la culture du café est récente: elle a bien souvent pris la place d'anciennes plantations de coca. La formation régulière des producteurs, assurée par des coopératives comme Oro Verde, est alors essentielle pour les aider à améliorer leurs pratiques agricoles et la qualité de leur café.

Vous pouvez retrouver de nombreuses informations sur les espèces et variétés de café dans les articles Culture Café - Un peu de botanique et Culture Café - Le caféier. Nous aborderons prochainement, sur le terrain, les questions des pratiques agricoles et des techniques de séchage du café.

 

Oro Verde y Jubilación Segura (ESP)

Sábado por la mañana, fuimos al pueblo de Chirapa, en la región de San Martín, en Perú, para participar a una capacitación dirigido por Julio.
Julio es Coordinador del proyecto de reforestación Jubilación Segura en la cooperativa Oro Verde. Esta mañana se reunieron un grupo de socios de la cooperativa, con la finalidad de hablar sobre agroforestería y compartir buenas prácticas de cultivo del cacao. 

Julio, Coordinador del proyecto de reforestación  Jubilación Segura  en  Oro Verde

Julio, Coordinador del proyecto de reforestación Jubilación Segura en Oro Verde

Antes de explicar lo que aprendimos, querríamos presentar a Oro Verde. 

La Cooperativa Agraria Cafetalera Oro Verde

Entrada de la cooperativa en Lamas

Entrada de la cooperativa en Lamas

Oro Verde es una cooperativa fundada en 1999 por 56 productores de cafe de la provincia de Lamas, en la Región de San Martín. El objetivo inicial de la cooperativa era de proponer una alternativa sostenible a la producción de coca, muy extendida en la región. Muchos productores de coca se convirtieron al cafe o cacao recientemente, durante los años 1990-2000. El apoyo técnico y económico de la cooperativa es decisivo para ellos. Oro Verde contribuye a mejorar la calidad de los productos y la productividad, y garantiza a los productores ingresos justos y regulares a largo plazo.  

17 años después, Oro Verde está con más de 1600 socios. Del total de estos asociados el 70% son de la Etnia Chanca Lamista, un grupo local de idioma quechua.

Secado del cafe en el patio de la cooperativa

Secado del cafe en el patio de la cooperativa

La cooperativa logró la certificación orgánica y comercio justo, que le permiten valorizar sus productos. Además del cafe, inició la diversificación a los cultivos cacao - que representa hoy día 50% de su volumen de negocios - de caña de azúcar, miel y forestales.

Para mejorar la productividad de las parcelas y la calidad de los productos de sus asociados, Oro Verde fomenta agroforestería a través del proyecto Jubilación Segura.

Jubilación Segura, o como luchar contra la deforestación mejorando las condiciones de vida de los productores

Ante una audiencia de productores de cacao de la región, Julio introduce el tema de la deforestación con algunos datos. 

« Cada 15 segundos, una hectaria de bosque desaparece en el mundo. Si seguimos así, los bosques tropicales desaparecerán en 2040… » explica. Perú ha perdido una gran parte de su selva primaria, en particular en la selva Amazónica al noroeste del país. La deforestación es muy grave en la región de San Martín, por parte a causa de las antiguas plantaciones de coca.

Hace algunos años, la cooperativa Oro Verde lanzó el proyecto de reforestación Jubilación Segura con Pur Projet, en beneficio de sus asociados. Sembró más de un millón de árboles en las chacras de productores de cafe y cacao, que tienen en promedio 0.5 à 3 hectarias cultivados.

La cooperativa también apoya un programa de apicultura para diversificar los recursos de sus socios, y desarrolla el comercio de madera certificada.

Los productores que desean participar en el programa de reforestación reciben plantones entregados por Pur Projet. Los plantones están elegidos entre una decena de especies nativas que benefician al cultivo de cafe y cacao, y dan madera. La cooperativa sigue la evolución de las parcelas agroforestales. Recopila datos sobre la biomasa y el carbono capturado por los árboles, y da consejos técnicos a los socios para valorizar sus parcelas. Por ejemplo, ayuda para la obtención de títulos de propiedad, da consejos agronómicos, desarrolla planes de manejo forestal, etc.

El proyecto Jubilación Segura se extenderá sobre más de 60 años. Su objetivo es ayudar a los socios para que valoricen sus parcelas a largo plazo, y logren una jubilación segura.

Medida de biomasa en una parcela - Credito : Pur Projet

Medida de biomasa en una parcela - Credito : Pur Projet

Servicios ecosistémicos, mejoramiento de los rendimientos, valorización de las tierras: la agroforestería tiene impactos muy positivos, en particular en las parcelas de cafe y cacao que se desarrollan muy bien en sistemas agroforestales.

Desiderio, un productor de cacao apasionado, nos presentó un caso práctico en la parcela de otro productor de Chirapa.
« En tu parcela, sé que no vas a producir mucho este año, no más que 500 kg por hectaria. Tienes que podar tus cacaos. Estas ramas toman mucha energía. Son las mazorcas que deberían disfrutar de esta energía, no ramas y hojas », empieza Desiderio.
Sigue poniendo las ramas podadas al pie del árbol: « estas ramas y estas hojas ayudarán a conservar la humedad del suelo y evitar el crecimiento de malezas. Van a enriquecer el suelo de tu parcela».

« Al cacao le gusta la sombra. En tu parcela falta sombra, tienes que sembrar más árboles » explica al productor. « Hace 15 años, en la región, el clima era más frío y el agua más abundante ».

Aquí también se pueden sentir los efectos de la deforestación y del calentamiento global, en particular cuando El Niño asuela. Desarrollar agroforestería permitiría responder por parte a estas problemáticas.

Para obtener más informaciones sobre agroforestería, lean nuestro artículo : Agroforesterie : Les fondamentaux (en francés)

Oro Verde et Jubilación Segura


Samedi matin, nous nous sommes rendus dans le village de Chirapa, dans la région de San Martin au Pérou, afin d’assister à une capacitación (formation) dispensée par Julio.
Julio est Coordinateur du projet de reforestation Jubilación Segura chez Oro Verde. Ce matin-là, il est parti à la rencontre de producteurs de cacao membres de la coopérative. L’objectif? Parler d’agroforesterie et partager les bonnes pratiques de culture du cacao.

Julio, Coordinateur du projet de reforestation Jubilación Segura chez Oro Verde

Avant d’en dire plus sur ce que nous avons appris, voici quelques mots sur Oro Verde.

La Cooperativa Agraria Cafetalera Oro Verde

Entrée de la coopérative à Lamas

La coopérative Oro Verde a été fondée en 1999 par 56 producteurs de café issus de la province de Lamas, dans la région de San Martin. Elle avait pour objectif initial d’apporter une alternative durable à la production de coca: nombreux sont ceux qui cultivaient la coca dans la région, et se sont reconvertis dans la culture de café ou cacao depuis les années 1990-2000. Ces cultures étant pour beaucoup des pratiques récentes, l’appui technique et l’aide à la commercialisation de la coopérative sont déterminants. En aidant les producteurs à améliorer à la fois la qualité de leur production et leur productivité, la coopérative tente de garantir à tous des revenus justes et réguliers sur le long terme.

Dix-sept ans après sa création, Oro Verde compte plus de 1600 socios (producteurs membres), dont 70% appartiennent au groupe ethnique Chanca Lamista, un groupe local de langue Quechua.

Séchage du café sur le patio de la coopérative

Au fil des ans, la coopérative a obtenu diverses certifications biologiques et commerce équitable permettant de valoriser leurs produits. Outre le café, elle a élargi son champ d’action au cacao - qui représente aujourd’hui 50% de son chiffre d’affaires, canne à sucre, miel et produits forestiers. 

Afin d’améliorer la productivité des parcelles et la qualité des produits de ses socios, Oro Verde a fait de l’agroforesterie l’une de ses thématiques clés, à travers le projet Jubilación Segura (« retraite tranquille »).

Jubilación Segura, ou comment lutter contre la déforestation tout en améliorant les conditions de vie des producteurs

Devant une audience composée de producteurs de cacao de la région, Julio introduit le sujet de la déforestation avec quelques chiffres clés. 

« Toutes les quinze secondes, un hectare de forêt disparait dans le monde. A ce rythme, si nous ne faisons rien, les forêts tropicales auront disparu en 2040… », explique-t-il. Le Pérou, qui comprend une partie de la forêt amazonienne au nord-est du pays, est particulièrement touché par la déforestation. C’est dans la région de San Martin que ce fléau se fait le plus ressentir, notamment à cause des anciennes plantations de coca. 

Il y a quelques années, Oro Verde s’est emparé du sujet et a lancé, avec l’aide de Pur Projet, le projet de reforestation Jubilación Segura au profit de ses membres. C’est ainsi que la coopérative a semé près d’un million d’arbres chez ses producteurs de café et cacao, qui possèdent en moyenne 0,5 à 3 hectares de terres cultivées. 

Oro Verde a également mis en place un programme d’apiculture afin d’aider les producteurs à diversifier leurs sources de revenus, et développe une filière bois certifiée afin de valoriser cette matière première.

Les producteurs souhaitant participer au programme de reforestation reçoivent des plants fournis par Pur Projet. Les plants sont choisis parmi une dizaine d’espèces natives qui profitent aux cultures de café et cacao, et permettront de produire du bois d’oeuvre. La coopérative réalise un suivi rigoureux de l’évolution des parcelles agroforestières. Elle collecte des données sur la mesure de biomasse et de carbone capturé par les arbres, et fournit une assistance technique aux producteurs afin de valoriser leur parcelle. Par exemple via une aide à l’obtention de titres de propriétés, des conseils agronomiques, un plan d’aménagement forestier, etc.

Le projet Jubilación Segura s’étend sur soixante ans. L'objectif est de permettre aux producteurs de s’assurer une retraite sereine en développant des cultures résiliantes, valorisant ainsi leurs terres sur le long terme.

Mesure de biomasse sur une parcelle - Crédit : Pur Projet

Services éco-systémiques, amélioration des rendements, valorisation des terres, l’agroforesterie présente de très nombreuses vertus, en particulier sur les parcelles de café et cacao qui prospèrent dans des systèmes agroforestiers.

Desiderio, producteur de cacao passionné, nous a présenté un cas pratique sur la parcelle d’un autre producteur de Chirapa. « Quand je vois ta parcelle, je sais que tu ne produiras pas beaucoup cette année, pas plus de 500 kilogrammes à l'hectare. Tes cacaoyers doivent être taillés plus proprement. Ces rejets que tu laisses partir aux pieds puisent beaucoup d'énergie. Elle devrait aller dans les cabosses, pas dans des branches et des feuilles », commence-t-il. 
Puis ajoute, en positionnant les branches coupées au pied de chaque cacaoyer : « ces branches et ces feuilles serviront à conserver l'humidité de ton sol et éviter la pousse de mauvaises herbes qui entrent en compétition avec ton arbre. En se décomposant, elles finiront aussi par enrichir ton sol. »

« Le cacao aime l’ombre. Ici ta plantation manque d’ombre, il faut planter davantage d’arbres », explique-t-il au producteur. « Il y a quinze ans, dans la région, le climat était plus frais et l’eau plus abondante. » 

Les effets de la déforestation et du réchauffement climatique se font ressentir, a fortiori quand El Niño sévit. La pratique de l'agroforesterie permettrait de répondre en partie à ces problématiques.

Pour en savoir plus sur l’agroforesterie, consultez notre article: Agroforesterie : Les fondamentaux

Merci à tous

Voici les personnes que nous avons eu la chance de rencontrer ces dernières années et qui nous ont, par leur énergie et leurs initiatives, aidés à construire notre projet et à élargir nos frontières.
Nous souhaitions les remercier tous, pour leur conseils et leur enthousiasme, de manière informelle et amicale.

Merci,

Swen, Antoine, Mélodie et toute l'équipe de La Sauge,
Maxime de Fermes d'Avenir,
Aleaume, Lucie et Damien de Café Lomi,
Grégoire de La Boite à Champignons,
Florent et Antoine d'Esperanza Café,
Eric de Choba Choba,
Benoit de Paysan Urbain,
Nicolas de Farm Africa,
L'équipe du Domaine de la Grivelière,
Fred de Café Tabac,
Charlie de Blue Bottle,
Stéphane de Café Michel et Ethiquable,
Julien du Café Tasse Livre,
Tristan de Pur Projet,
Christine de AgroParisTech,
Marion & Nicolas des Sourciers,
Les fines équipes de ThemaVerde et du Comptoir de l'Innovation,

Mathilde, Omar, Céline, Léo, Oriane, Lucie, Alexis, Thibaud, Sabine, Yohan, Thibaut, Angie, Coralie, Tiphaine, Jules, Léo, Nico & Nico, Cristina, Charly, Adrien, Anne-Emeline, Jacqueline, Anna, Pauline, Marie, Dominique, Patrick, Jean-Pierre, Julien, Flavia, Julien, Julia, Camille, et... tous les autres!

Et, bien évidemment, merci à Hildebrando Cardenas de Oro Verde ainsi qu'à Juan Francisco Rivera et sa famille de nous accueillir au Pérou, sur leur lieu de travail et de vie.
Muchas gracias a Hildebrando Cardenas de Oro Verde y a Juan Francisco Rivera y su familia que nos acogerán en Perú.